Expertise Expert IA

Conformité IA (Intelligence Artificielle)

Mise en conformité Intelligence Artificielle — AI Act, RGPD, ISO 42001.

La conformité IA repose sur trois piliers : l'AI Act, le RGPD et la norme ISO 42001. En France, la CNIL joue un rôle central de contrôle. Notre cabinet réalise des audits structurés couvrant ces trois axes et fournit un plan d'action chiffré. Articulation forte avec la gouvernance IA opérationnelle.
Contexte 2026

Pourquoi la conformité IA devient un sujet de comité de direction

L'année 2026 marque la généralisation des obligations européennes sur l'intelligence artificielle. Le règlement AI Act (UE 2024/1689) entré en vigueur en août 2024 déploie ses échéances progressives : interdictions depuis le 2 février 2025, obligations sur les modèles d'usage général depuis le 2 août 2025, mise en application des systèmes haut risque au 2 décembre 2027 (selon l'accord politique du Digital Omnibus du 7 mai 2026, sous réserve de confirmation au Journal officiel de l'Union européenne).

Les sanctions atteignent 35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires mondial pour les violations les plus graves (article 99 du règlement), 15 millions ou 3 % pour les manquements aux obligations de gouvernance, 7,5 millions ou 1 % pour les défauts d'information aux autorités. À titre de comparaison, le RGPD plafonnait à 20 millions ou 4 %. L'AI Act change l'échelle du risque réglementaire.

Le sujet n'est plus instructible à la marge par la seule direction juridique. Il engage la direction générale (arbitrage stratégique), la direction informatique (mise en œuvre), la direction des ressources humaines (systèmes RH haut risque), la direction commerciale (clauses contractuelles, due diligence partenaires), et la direction de l'audit interne. La conformité IA est devenue un sujet de comité de direction.

Les trois piliers

AI Act, RGPD, ISO 42001 — trois couches articulées

AI Act — règlement européen

Règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle. Classification des systèmes en quatre catégories (interdit, haut risque, transparence, risque minimal), obligations renforcées pour les systèmes haut risque (annexe III), sanctions financières dissuasives, autorité compétente nationale en France à confirmer. Voir AI Act.

RGPD — données personnelles

Règlement (UE) 2016/679. Tout traitement de données personnelles par un système IA reste soumis au RGPD : base légale, information des personnes, droits d'accès, analyse d'impact (article 35), décisions automatisées (article 22). Articulation parfois complexe avec l'AI Act. Voir RGPD et IA.

ISO 42001 — système de management IA

Norme internationale ISO/IEC 42001:2023 publiée en décembre 2023, dédiée au management des systèmes d'intelligence artificielle. Pas obligatoire, mais en cours de structuration comme référentiel d'audit interne et de certification volontaire. Sa logique s'aligne avec les exigences AI Act. Voir ISO 42001.

CNIL — autorité française

La Commission nationale de l'informatique et des libertés assume historiquement le contrôle RGPD. Sur l'IA, son rôle est en cours d'extension : guidelines successives depuis 2022, recommandations sur les systèmes haut risque, doctrine sur l'usage de ChatGPT en entreprise, contrôles thématiques annoncés. Voir CNIL et IA.

Doctrines sectorielles

Au-delà des trois piliers généralistes, plusieurs secteurs ont leur cadre IA spécifique : santé (MDR, HDS, certification médicale), finance (DORA, recommandations ACPR/EBA), assurance (EIOPA), éducation, transport. Articulation à étudier au cas par cas.

Conventions collectives et CSE

L'introduction d'un système IA en entreprise constitue une modification importante des conditions de travail. Information-consultation du CSE au titre des articles L.2312-8 et suivants. Articulation avec les accords de branche émergents sur l'IA et les bonnes pratiques sociales.

Calendrier AI Act

Échéances applicables aux entreprises françaises

ÉchéanceObligations applicablesSanction maximale
2 février 2025Interdiction des systèmes prohibés (scoring social, manipulation, biométrie en temps réel, etc.) + obligation d'AI literacy (article 4)35 M€ ou 7 % CA mondial
2 août 2025Obligations applicables aux modèles d'IA à usage général (GPAI) : documentation, gouvernance, droit d'auteur, sécurité15 M€ ou 3 % CA mondial
2 août 2026Régime général : gouvernance, autorités, code de conduite, modèles GPAI à risque systémique15 M€ ou 3 % CA mondial
2 décembre 2027Systèmes haut risque listés à l'annexe III (RH, éducation, justice, santé, services essentiels, etc.) — sous réserve de confirmation au JO UE du règlement Digital Omnibus15 M€ ou 3 % CA mondial
2 août 2028Systèmes haut risque intégrés dans des produits soumis à évaluation de conformité préalable (annexe I)15 M€ ou 3 % CA mondial

Lecture pratique pour une entreprise française : les obligations d'AI literacy s'appliquent dès aujourd'hui — la formation des collaborateurs est devenue une condition légale, pas une option. Les obligations sur les systèmes haut risque listés à l'annexe III (qui couvrent notamment le recrutement, l'évaluation des employés, l'attribution de notes ou de droits) seront applicables au 2 décembre 2027 — soit 19 mois pour s'y préparer, calendrier serré pour les grandes organisations.

Autorités

Qui contrôle l'AI Act en France

La gouvernance européenne de l'AI Act repose sur trois niveaux articulés :

  • L'AI Office européen (à Bruxelles, sous l'égide de la DG Connect) : autorité de tutelle pour les modèles d'IA à usage général, coordination des autorités nationales, élaboration de la doctrine commune.
  • L'autorité nationale française : la désignation est en cours en 2026. Plusieurs scénarios discutés : autorité dédiée (sur le modèle de l'ANSSI ou de l'ARCEP), ou répartition entre la CNIL (volet données et droits) et la DGE (volet conformité produit). La décision sera publiée par décret en Conseil d'État.
  • Les autorités sectorielles : ACPR pour la finance, ARS pour la santé, ARCOM pour les médias et plateformes. Elles conservent leur compétence sur l'IA dans leur secteur, en articulation avec l'autorité IA nationale.

En pratique, dès aujourd'hui, c'est la CNIL qui exerce le contrôle effectif sur les usages IA traitant des données personnelles — soit la majorité des cas d'usage entreprise. Son orientation 2026 vise notamment les systèmes haut risque en RH et en évaluation des personnes, et l'usage non encadré d'outils IA grand public sur des données professionnelles (le « shadow AI »).

Notre démarche

Audit de conformité IA Expert IA

Notre mission d'audit de conformité IA aboutit à un plan d'action chiffré et opposable, sur les trois axes AI Act, RGPD et ISO 42001. La démarche se déroule en cinq étapes :

1. Cartographie des systèmes IA

Inventaire exhaustif des systèmes d'IA utilisés dans l'organisation, qu'ils soient développés en interne, fournis par un tiers, ou utilisés en mode « shadow AI » (sans cadre formel). La cartographie typique sur une ETI identifie entre 15 et 50 systèmes.

2. Qualification de risque

Pour chaque système : classification AI Act (interdit / haut risque / transparence / risque minimal), évaluation RGPD (base légale, sensibilité des données, article 22), risques sectoriels, articulation avec les conventions collectives.

3. Évaluation de conformité

Confrontation de chaque système aux obligations applicables : documentation technique (article 11), gouvernance des données (article 10), supervision humaine (article 14), transparence utilisateur (article 13), traçabilité (article 12), gestion des risques (article 9).

4. Plan d'action priorisé

Plan d'action structuré par échéance réglementaire et par niveau de risque. Chaque action est chiffrée (charge interne, coût externe) et associée à un porteur identifié et à une date cible. Vue d'ensemble sous forme de feuille de route 12-24 mois.

5. Gouvernance et registre

Mise en place du registre des systèmes IA (article 12), désignation d'un référent IA, structuration du comité IA (en articulation avec le DPO et la direction juridique), définition de la politique d'usage. Voir Gouvernance IA.

Tarifs indicatifs

Combien coûte un audit de conformité IA

Le coût d'une mission de conformité IA varie selon la taille de l'organisation, le nombre de systèmes IA inventoriés, le secteur d'activité et le niveau d'exposition au haut risque AI Act :

PME (< 250 salariés)

Audit complet en 4 à 8 semaines. Cartographie de 5 à 15 systèmes IA. Plan d'action 12 mois. Budget indicatif : 15 000 à 35 000 € HT.

ETI (250-5000 salariés)

Audit complet en 8 à 14 semaines. Cartographie de 15 à 50 systèmes IA. Plan d'action 18-24 mois avec gouvernance. Budget indicatif : 45 000 à 90 000 € HT.

Grand groupe ou secteur réglementé

Audit conduit par filiale ou direction, 14 à 24 semaines. Cartographie supérieure à 50 systèmes, articulation avec les autorités sectorielles. Budget indicatif : 80 000 à 150 000 € HT, voire plus pour les transformations multi-pays.

Détail complet des tarifs sur notre page Offres. Toute mission donne lieu à un devis détaillé après un appel de cadrage.

FAQ

Questions fréquentes — conformité IA

L'AI Act s'applique-t-il aux PME ?

Oui. Le règlement européen sur l'intelligence artificielle ne contient pas d'exonération pour les PME. Toutefois, son régime est proportionné : les obligations les plus lourdes (documentation technique exhaustive, supervision humaine systématique, registre détaillé) ne s'appliquent qu'aux systèmes qualifiés de haut risque. La plupart des PME utilisent uniquement des systèmes de la catégorie « risque minimal » (assistant IA généraliste, traduction, génération de contenu), pour lesquels les obligations sont limitées. L'obligation d'AI literacy (article 4) s'applique en revanche à toutes les entreprises sans exception.

Qui est responsable de la conformité IA dans l'entreprise ?

Le règlement européen distingue trois rôles : le fournisseur (qui développe et place sur le marché un système IA), le déployeur (qui utilise un système IA sous sa propre autorité), et l'importateur/distributeur. Une entreprise française qui utilise ChatGPT en interne est « déployeur ». Une entreprise qui développe son propre agent IA pour ses clients est « fournisseur » et engage des obligations renforcées. La même organisation peut cumuler les deux rôles selon les systèmes considérés.

Que faire des outils IA grand public utilisés par les salariés sans cadre ?

Le « shadow AI » — usage d'outils IA grand public (ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity, etc.) sans cadre interne — est devenu le premier facteur de risque conformité dans les entreprises françaises. La démarche typique consiste à : (1) mesurer le phénomène par un audit interne et des entretiens, (2) publier une politique d'usage interne formelle, (3) mettre à disposition des outils encadrés (versions Enterprise des LLM avec engagement de non-réutilisation des données), (4) former les collaborateurs, (5) intégrer le sujet dans la cartographie des risques RGPD.

Faut-il une certification ISO 42001 ?

Pas obligatoire à ce stade. La certification ISO 42001 est un référentiel volontaire de management des systèmes IA, publié en décembre 2023. Elle structure utilement la gouvernance interne et facilite les démarches commerciales (notamment vis-à-vis de clients grands comptes qui l'exigent dans leur due diligence). Notre cabinet recommande d'engager une démarche d'alignement avec la norme dans le cadre des missions de mise en conformité, sans nécessairement viser une certification formelle à court terme. L'alignement structure la gouvernance ; la certification ajoute une validation externe.

Quel est l'impact du Digital Omnibus sur le calendrier AI Act ?

Le règlement Digital Omnibus, dont l'accord politique a été trouvé le 7 mai 2026, vise à harmoniser et simplifier plusieurs textes numériques européens. Sur l'AI Act, il prévoit notamment un report de la mise en application des obligations relatives aux systèmes haut risque listés à l'annexe III — du 2 août 2026 au 2 décembre 2027. Sous réserve de confirmation par publication au Journal officiel de l'Union européenne, ce report donne 19 mois supplémentaires aux organisations pour préparer leur mise en conformité haut risque. Il ne modifie en revanche pas le calendrier des obligations déjà applicables.

Travaillez-vous avec mon DPO et ma direction juridique ?

Oui systématiquement. Une mission de conformité IA Expert IA est articulée avec votre DPO et votre direction juridique — ce sont eux qui assument la responsabilité opérationnelle dans la durée. Notre rôle est d'apporter l'expertise spécifique IA, de structurer la démarche, et de produire les livrables documentaires opposables. La maintenance ultérieure du registre des systèmes IA, l'instruction des nouvelles initiatives, et le dialogue avec les autorités relèvent de vos fonctions internes.

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